Charmeur de Serpent

d'Art & d'Histoire

Charles Arthur Bourgeois
Né à Dijon le 19 mai 1838, Charles Arthur Bourgeois entre à l’École des Beaux-Arts en 1857, et décroche, en 1863, le Premier Prix de Rome. Cette même année, il participe pour la première fois au Salon de la Société des Artistes français avec un Charmeur de Serpent en plâtre pour lequel il reçoit une médaille de troisième classe. Considérant le succès de cette œuvre, il la représente l’année suivante sous le numéro 2516, mais dans une version monumentale (2 mètres) en bronze que le Ministre de la Maison de l’Empereur et des Beaux-Arts avait commandée le 17 juillet 1863. Elle fut installée dans le périmètre de la ménagerie en 1868 ou la rejoignit, en 1883, un monumental Chasseur de crocodiles d’un mètres quatre-vingt-dix. Cette sculpture est par la suite éditée en grand nombre et a grandement concouru à la notoriété de l’artiste.
Charles Auguste Bourgeois produisit régulièrement des œuvres qu’il présenta aux Salons jusqu’à sa mort en 1886. Plusieurs de ses œuvres furent achetées par l’Etat, et l’on peut, aujourd’hui encore les admirer dans le Jardin des Tuileries, au Jardin du Luxembourg.

L’oeuvre : Le Charmeur de Serpent

Danse-t-il ce charmeur de serpent nubien ? Ou essaie-t-il plus prosaïquement d’éviter les crocs de son reptilien adversaire ? Toujours est-il que ce Nubien à la plastique bien définie semble esquissé comme un pas de danse tandis qu’il s’accompagne de son pipeau.
Le thème du Charmeur de Serpent est en vogue sous le Second Empire aussi bien dans la peinture (avec Jean-Léon Gérôme, Alexis Delahogue, Etienne Dinet pour ne citer qu’eux) et dans la sculpture (Emmanuel Frémiet, Léon Hingre, Adolphe -Jean Lavergne, Gaston Leroux , Jean-Louis Grégoire entre autres). Ce thème orientaliste dépasse même les frontières françaises pour conquérir les sculpteurs allemands qui sont très nombreux à l’exploiter (Arthur Strasser, Friedriech Goldsheider, Rudolf Frank-Nautschütz notamment). Il n’est pas étonnant dans ce contexte, que l’œuvre de Charles Arthur Bourgeois ait remporté un tel succès.

Pour aller plus loin
Stanislas LAMI
Dictionnaire des Sculpteurs de l’Ecole française au 19ème siècle
Librairie Honoré Champion, Paris 1914, tome I, A-C, pp. 172-174

Stéphane RICHEMOND
Les Orientalistes. Dictionnaire des Sculpteurs XIXe-XXe siècles
Éditions de l’Amateur, Paris 2008, 222 pages, illustrations (pp. 55-56)

Françoise SERRE
Les Statues du Jardin des Plantes
Éditions du Museum d’Histoire Naturelle, Paris 2011, 64 pages, ill.

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