Credo

d'Art et d'Histoire

Emmanuel Frémiet, un sculpteur aux multiples facettes
Si Emmanuel Frémiet n’est plus connu aujourd’hui que de quelques amateurs éclairés, il a été, en son temps, un sculpteur extrêmement réputé. Sculpteur animalier, il s’est également fait un nom dans la sculpture monumentale. Le Second Empire aussi bien que la IIIème République lui adressent de nombreuses commandes dont la célèbre statue équestre de Jeanne d’Arc de la Place des Pyramides à Paris, ou encore la statue de Ferdinand de Lesseps, inaugurée à Port-Saïd le 17 novembre 1899. Cette dernière, déboulonnée au moment de la Crise de Suez, le 24 décembre 1956, est restaurée par l’Association des Amis du Canal de Suez avant d’être placée sur l’un des quais du chantier naval de Port Fouad, au débouché du Canal dans la Méditerranée, en 1987.
Les talents d’Emmanuel Frémiet ne s’arrêtent pas là. Il sculpte avec autant de bonheur que les thèmes animaliers qui lui valent son immense renommée, des thèmes plus militaires. C’est ainsi que Napoléon III lui commande, pour son fils, le prince impérial Louis-Napoléon, une suite de 55 statuettes reproduisant les différents uniformes de l’armée. Malheureusement, ces statuettes brulent lors de l’incendie du 23 mai 1871 déclenché par une trentaine de fédérés fanatiques menés par un garçon boucher répondant au nom de Benot. Trois jours et trois nuits durant, le feu brûle, ravageant les Tuileries. Les statues n’y ont pas résisté … Toutefois, certains moules n’ayant pas été détruits, quelques-unes de ces statues ont pu être retirées.

Le Credo, un Croisé en armure déroulant un phylactère professant sa foi.
Le premier Credo a vu le jour en 1885. Réalisé en  plâtre, il est exposé à Anvers. Emmanuel Frémiet en fait ensuite couler un bronze dont le succès est immédiat : il en vend  112 éditions en seulement deux ans et trois mois !
La composition de la statue est affirmée, la vision verticale étant rompue la forme horizontale composée par les deux bras et la banderole. Le reste de la statue est sobre, même si le détail est ciselé précision. L’œil ne doit être captivé que par l’allure générale du Croisé, et par la banderole qui exprime sa Foi.
Emmanuel Frémiet aimait à raconter cette petite anecdote que rapporte son petit-fils, Philippe Fauré-Frémiet dans son ouvrage « Frémiet », concernant l’inspiration qui l’avait guidée dans sa création du Credo.
Un soir qu’il se trouve dans son atelier, il apprend en lisant la lettre d’un ami, qu’une de ses plus ferventes prières est exaucée. Un élan de reconnaissance le dresse, tête penchée et bras en croix, récitant son Credo. En souvenir de ce moment de grâce, il a sculpté ce Credo sur lequel on retrouve les traits du sculpteur dans ceux du Croisé.

Pour aller plus loin

Jacques de BIEZ, préface Frédéric Masson, Emmanuel Frémiet, Édition Jouve, Paris 1910, 287 pages, ill. en noir et blanc

Jacques de BIEZ, Un maître imagier : Emmanuel Frémiet, Édition Aux bureaux de l’Artiste, Paris 1896, 406 pages

Catherine CHEVILLOT, Emmanuel Frémiet 1824-1910. La main et le multiple, Musée des Beaux-Arts Dijon, musée de Grenoble 1989, 215 pages, pp. 113

Philippe FAURE-FREMIET, Frémiet, Librairie Plon, Paris 1934, 152 pages

Gustave LARROUMET,  E. Frémiet, In Revue Illustrée, volume 17, année 9, numéro 193, Bascher Éditeur, Paris 1893, pp 293-303 ; 329-344

Stanislas LAMI,  Frémiet (E.), in « Dictionnaire des sculpteurs de l’École française au 19ème siècle », Éditions Honoré Champion, Paris 1916, tome 2 (D à F) ; pp. 405-419

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