Porteur d’Eau Marocain

d'Art & d'Histoire

Jean TARRIT, quand le sabotier devient sculpteur
Né le 31 décembre 1865 dans la petite commune de Châtillon-sur-Chalaronne, dans l’Ain, le jeune Jean Tarrit se révéla très tôt doué pour le dessin et la sculpture : il n’aimait rien tant que tailler les branches de saules pour leur donner forme. Entré comme apprenti dans l’atelier de sabotier de son père, Claude. Une fois le travail à faire réalisé, il s’amusait à sculpter toutes sortes de décorations sur les sabots, qui obtenaient, auprès de la gent féminine, un franc succès.
Mais la sculpture le tenait, et la carrière de sabotier n’était pas pour lui. Le maire du village, Victor Dugas, l’aida à aller à Paris. Il intégra l’école des Beaux-Arts et travailla dans les ateliers de Jules Thomas et d’Augustin Moreau-Vauthier. Il ouvre son propre atelier et, à partir de 1895, exposa régulièrement au Salon des Artistes français. S’il ne dédaignait pas le plâtre, l’argile ou la pierre, il n’aimait rien tant que sculpter le bois. Inspiré dans sa jeunesse par les individus qu’il croisait dans la rue, il s’orienta ensuite vers des sujets plus animaliers et sculpta, avec une grande affection les chats.
A partir de 1910, attiré par le Maroc, il y effectue de nombreux voyages, et présente ses œuvres aux Salons de la Société des Peintres Orientalistes français et de la Société coloniale des Artistes français. C’est ainsi qu’il présenta, en 1914, le Porteur d’eau marocain, ainsi qu’un Marocain revenant du marché qui lui valent une bourse coloniale. Jean Tarrit s’installe donc à Tanger et ne produit plus que des œuvres inspirées du Maroc. Il expose au Salon de la Société Coloniale des Artistes français. Il est fait chevalier de la Légion d’Honneur en  février 1938. Homme simple, loyal et généreux, il était, malgré sa discrétion, fort apprécié de tous. Il s’éteignit rue des Vignes, à Tanger, le 2 mai 1950.

L’oeuvre : le Porteur d’Eau marocain
Les yeux clos sur son effort, les traits las, l’échine courbée sous le poids de l’outre en peau de bouc gonflée par le précieux liquide, le guerrab, le porteur d’eau transporte vaillamment son chargement. Il fut un temps, celui où vivait l’artiste, où dans les souks, les médinas, tous n’avaient pas l’eau courante. Les porteurs d’eau l’acheminaient depuis l’oued, la citerne, la fontaine… Il avait à charge un quartier, et du matin au soir, tel Sisyphe, il faisait des allers-retours entre le puits et les endroits où il livrait le précieux liquide.

Pour aller plus loin
Stéphane RICHEMOND
Les Orientalistes. Dictionnaire des culpteurs XIXe-XXe siècles
Editions de l’Amateur, Paris 2008, 222 pages, illustrations (pp. 203-205

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