Pochade de Soleil couchant avant l'orage ; plaines de Champagne

Pochade de soleil couchant avant l’orage plaines de Champagne Armand Guéry

Peintre
Armand Guéry
1853 - 1912

Époque
1905

École
École de peinture française

Dimensions à vue
Hauteur : 15,8 cm Longueur : 27,3 cm

Dimensions avec cadre
Hauteur : 25,2 cm Longueur : 36,3 cm

Format
italien

Signature
Monogramme en bas à droite/
Daté 1905
Au dos du tableau, il est indiqué que ce tableau, peint le 3 mai 1905, est une pochade du
tableau présenté au salon de 1907 sous le numéro 759, et acheté par Sa Majesté le Roi
de Siam.
Une pochade est, selon la définition du dictionnaire de l’Académie française, un peinture
de petit format où la touche, rapide et enlevée, doit rendre à la fois le dessin et la
couleur, et qui est destinée à fixer rapidement l’impression laissée par une figure, une
scène, un paysage.

Ce tableau fut acheté le 3 mai 1909 par un particulier, directement à Armand Guéry,
dans son atelier du 135 bis de la rue de Rome. Le propriétaire l’offrit ensuite à Marthe Garreau
à l'occasion de sa fête, le 29 juillet 1922.

Matériau
Huile sur panneau

Cadre
Cadre dit Montmartre en bois doré avec une patine ancienne donnant un effet vieilli,
orné aux quatre coins de motifs de roses stylisées.

550,00 €
Quantité

Armand Guéry le paysagiste de la Marne

Bon géant Champenois, Armand GUÉRY est, comme le décrivaient ses amis, un bon colosse champenois aux yeux clairs, aux joues roses pourvu d’un grand nez busqué aux narines fortement dessinées et d’une abondante barbe. Doté d’un appétit gargantuesque qui n’était pas sans épater la compagnie, il respirait la joie de vivre. Fabuleux conteur de la Champagne pouilleuse, cette région où les horizons immenses se mêlent au ciel, il a principalement peint la vallée de la Suippe, de la Vesle et de l’Aisne, au nord-ouest de Reims même s’il a également planté son chevalet dans la campagne autour de Châlons-en-Champagne, Vitry-le-François, Vouziers. Tout en restant toujours fidèle à sa Champagne, Armand GUÉRY découvre et peint d’autres horizons : la Normandie, la Picardie, la vallée de la Seine, la Bretagne. La montagne l’attire lui qui, dans sa jeunesse n’avait franchi que les 288 mètres de la montagne de Reims ! Il devient un alpiniste chevronné, et se frotte sans complexe aux Vosges, aux Pyrénées, et aux Alpes françaises, italiennes et Suisses. Il crée même, en 1898, la Société des Peintres de Montagne.

Armand Guéry en 1894, peint par son collège et ami Paul Langlois (1858 - 1906)
HST, à vue 126,5X119,2 cm, musée des Beaux-Arts de Reims, non exposée.

Très tôt, le jeune Armand crayonne et dessine, et couvre ses cahiers d’écolier de caricatures de ses professeurs et de ses camarades de classe. Hormis quelques conseil pris auprès de son ami Auguste Maillet RIGON (1855-1884), peintre décorateur au Théâtre de Reims, Armand GUÉRY est totalement autodidacte. Il se réclame néanmoins de son enseignement sur le livret des Salons. Il ne commence véritablement sa carrière qu’à 30 ans.
En 1883, il présente deux toiles à l’Exposition de la Société des Amis des Arts à Paris, qui sont fort appréciées. Il peint la terre champenoise, ses immensités, ses rivières, ses troupeaux de moutons, ses meules et ses moulins à vents. Il s’installe à Paris en 1883, et dès lors les récompenses s’enchaînent. L’année 1892 le ramène en Champagne. Il s’installe avec sa femme dans la commune d’Auménicourt au nord de Reims, dans le petit village de Pontgivart.
Armand GUÉRY peint beaucoup, par tout temps, en toutes saisons (un inventaire de 1898, quoiqu’incomplet, dénombre quelques 1400 dessins, études, aquarelles et peintures pour une carrière de pas tout-à-fait vingt ans, carrière qui se poursuivit encore une bonne quinzaine d’années.) Il vend énormément, et dépense comme un grand seigneur. Les industriels de la vallée de la Suippe et les actionnaires de la Société de Chasse qui se réunissent à l’auberge Toussaint de Pontgivart constituent, avec les marchands de tableaux, sa clientèle fidèle. Ses toiles s’envolent pour le Brésil, la Russie.
Le décès de sa femme, Marie Sidonie Éloïse TURQUIN (fille de berger, épousée en février 1886), en 1900, le ramène à Paris, mais désormais, il partage son temps entre son atelier parisien du 135 de la rue de Rome, et celui de Pontgivart. En 1911, la maladie le contraint à s’installer à Gueux (à quelques kilomètres à l’ouest de Reims) chez son neveu Edmond DURVIN, où il s’éteint le 25 mai 1912 à l’âge de 59 ans. Sa célébrité lui vaut des obsèques célébrées dans la cathédrale de Reims.

Pochade de soleil couchant avant l’orage ; plaines de Champagne

Peint sur le motif, cette pochade représente une scène champêtre dans un style très inspiré de l’École de Barbizon. Rappelons qu'une pochade est, selon la définition du dictionnaire de l’Académie française, un peinture de petit format où la touche, rapide et enlevée, doit rendre à la fois le dessin et la couleur, et qui est destinée à fixer rapidement l’impression laissée par une figure, une scène, un paysage. 
À traits rapides , Armand GUÉRY a restitué avec grâce un moulin en bois, quelques meules de foin de la précédente saison qui se dressent dans un champ où dorent les épis de blés, un ciel qui s’embrase au coucher du soleil. Mais l’orage s’annonce et le berger presse son troupeau afin de regagner la bergerie au plus vite, avant que la pluie ne se mette à tomber. Bien que peinte en quelques coups de pinceaux rapides, une fois de plus, cette huile sur panneau affirme le talent très expérimenté d’Armand GUÉRY et lui permet de développer avec subtilités toute une palette de camaïeux jaune-oranger et de brun-vert avec légèreté et sobriété.
Le sujet lui plaisant, Armand GUÉRY en exécuta une toile de plus grande dimension qu'il présenta au salon de 1907 sous le n°759 et le titre "Coucher du soleil aux approches de l'orage ; - Champagne. Ce tableau rencontra un succès certain et fut acheté par Rama V, roi de Siam (aujourd'hui la Thaïlande), qui régna de 1868 à 1910.

Coucher de Soleil aux approches de l’orage – Champagne - Salon 1907 n° 759 – HC
In Catalogue illustré du Salon de 1907, publié sous la direction de Ludovic BASCHET
Bibliothèque des Annales, Paris 1907, 224 pages

GTGTGUÉRY1905
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