Non signé
Circa 1875-1910
École française de sculpture
Hauteur : env. 14 cm
Largeur : env. 7 cm
Terrasse : env. 4,3 X 4 cm
Poids : 463 gr.
Non signé
Bronze à patine dorée
Héroïne pour les Royalistes de la Monarchie de Juillet, tout autant que des Républicains des années 1880-1890, la figure de Jeanne d’Arc se développe aussi bien en littérature, qu’en sculpture, peinture et musique. Le 10 juin 1837, le Roi Louis-Philippe inaugure avec faste, au château de Versailles, les galeries dédiées à toutes les gloires de la France où d’ailleurs la sculpture Jeanne en prières, de sa
fille, la princesse Marie d’Orléans, trouve bonne place.
L’élan se poursuit sous une Troisième République qui veut asseoir sa légitimité et renforcer un nationalisme mis à mal par la guerre de 1870 et la perte de l’Alsace et la Lorraine. Jeanne d’Arc occupe les pages des manuels scolaires. En 1874, le premier monument commémoratif de la République de l’héroïne nationale, une époustouflante statue équestre, due à Emmanuel FREMIET, est inauguré place des Pyramides. En 1896, le président Félix FAURE inaugure, sur le parvis de la
cathédrale de Reims mais … dos à la cathédrale, la statue équestre de Jeanne d’Arc due à Paul DUBOIS.
De son côté, l’Église s’active. En 1855, monseigneur DUPANLOUP, l'évêque d'Orléans, bouleversé par les comptes-rendus du procès de Jeanne d’Arc, publié par l'historien Jules QUICHERAT est convaincu que la jeune héroïne n’a pu agir que par la volonté de Dieu. En 1869, il demande au Pape Pie IX d’entamer son procès en canonisation qui aboutira plus de 50 ans après, qu’en 1894, elle ait été déclarée vénérable.
C’est au cœur de cette effervescence johannique que de nombreux sculpteurs cèdent à l’engouement. Notre sculpteur inconnu n’y résiste pas et nous livre une Jeanne guerrière tout autant que pieuse. En armure, elle offre son épée vers le Ciel qui l’inspire et commande ses actions. L’inscription sur la terrasse renforce cette double appropriation de Jeanne d’Arc à « Dieu et la France ».
Cette représentation de Jeanne, guerrière, cavalière ou non, casquée ou non, vêtue de son armure, l’épée au poing devait grandement aux oeuvres de Marie d’Orléans, Henry SCHEFFER, Jean-Auguste INGRES, François RUDE : une Jeanne d’Arc guerrière, protectrice de la Nation.
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