Époque
vers 1870
École
École française de sculpture animalière
Provenance
France
Dimensions
Hauteur : 8,2 cm
Longueur : 4,8 cm
Largeur : 3,2 cm
Poids : 137 gr.
Signature
Arrière droit de la terrasse : BARYE
Fondeur
Bord gauche de la terrasse : F. BARBEDIENNE
Fonte posthume (entre 1880 et 1930)
Numéroté sous la terrasse : 43
(le Lièvre Assis en possession du Musée Beaux-Arts du Petit Palais porte lui le numéro 648).
Matériau
Épreuve en bronze à patine brune. Léger vert-de-gris au niveau des pattes.
Enigmatique cet Antoine-Louis Barye.
Enfermé dans son atelier, il préfère la compagnie de ses croquis, de ses plâtres, de ses ébauches, à celle de ses contemporains. Il a vécu sa vie durant les mains dans la glaise et dans la cire, l’esprit absorbé par l’étude de ses modèles.
Il s’est toujours tenu à l’écart des évènements de son temps, politiques autant qu’artistiques (si ce n’est son élection à L’Institut, sur la fin de sa vie). Il n’a pas laissé les critiques d’art l’approcher, à moins qu’ils ne soient des amis personnels.
Il n’a pas laissé non plus de mémoires, carnets de notes ou lettres.
Difficile, sinon impossible dans ces conditions, de percer à jour cette personnalité aussi hiératique que les lions qu’il a sculptés…
Point de Jaguar pour dévorer notre petit lièvre de bronze. Mais… est-il réellement si loin que ça ? Campé sur son arrière-train, l’oreille dressé, l’œil vif, les muscles du dos tendus, prêts à l’action, le lièvre est aux aguets. Le danger n’est pas imminent, mais il faut s’en défier…
Jusque dans ses pièces les plus discrètes, la sauvagerie et la cruauté de la nature n’est pas loin, et si ici, Antoine-Louis Barye ne l’exprime pas directement par une scène dont la violence laissait ses contemporains trop choqués pour en apprécier toute la force et toute la bravoure, elle est sous-jacente.
La sculpture a enfin trouvé son La Fontaine ! s’exclame un talentueux écrivain contemporain de Bayre dont nous n’avons pas retenu le nom. Car s’il le cite avec emphase, le critique d’Art Alexandre ARSÈNE oublie tout simplement de préciser son nom.
Mais ne lui en tenons pas rigueur, et sans rancune laissons-lui, avec sa verve habituelle, le mot de la fin : « Barye, dans sa ménagerie intime, a traité à peu près tous les sujets, abordé tous les genres, son observation pénétrante s'appliquant à exprimer toutes les émotions. Rien que cette impression générale prouverait combien en art le choix du sujet importe peu. Les sentiments dont paraissent douées les statuettes d'animaux, majesté, colère, malice, douceur, sont dans l'esprit de l'artiste et dans le nôtre, et non pas dans les modèles eux-mêmes. Nous disons qu'un chien est intelligent parce que ses mouvements correspondent à nos volontés plus souvent que ceux des autres animaux. (…). Ces bronzes, comme tout véritable objet d’art, sont des prétextes ».