Peintre
Théodore Fort
1810-1896
Époque
fin 19ème siècle
École
École française de peinture militaire
Dimensions à vue
Hauteur : 9,5 cm Longueur : 13,5 cm
Dimensions avec cadre
Hauteur : 19 cm Longueur : 23,5 cm
Format
italien
Signature
en bas à gauche
Matériau
Dessin à la mine de plomb, crayon noir, gouache et aquarelle
Cadre
Cadre en pitchpin incrusté de deux filets d'ébène.
Les cadres en pitchpin, ce bois originaire d'Amérique du Nord, est d'une facture très classique du 19ème siècle. Ce bois, dont la dénomination regroupe plusieurs espèces de pins du Canada et du nord ouest des États-Unis, était alors couramment utilisé pour les charpentes de bateaux et la fabrication de meubles. Sa belle robe satinée dans les tons jaunes veinés de brun-cramoisi possède un grain fin et un fil droit qui réussit parfaitement aux encadrements.
Théodore Fort, un peintre militaire de talent
Peu d’éléments biographiques nous sont parvenus concernant ce peintre-aquarelliste né en 1810 et mort en 1896 (et encore, même ses dates ne sont pas vérifiables…). Il figure au Salon de 1842 avec sous le numéro 696 une étude de cheval. Le livret du salon indique son atelier au 25 de la rue Gaillon, la même adresse que le peintre reconnu Siméon-Fort qui d’ailleurs avait reçu la Légion d’Honneur le 4 janvier de cette année-là. Il est parfois donné comme le père de Théodore, mais cela semble peu réaliste. Siméon Fort étant né à Valence en 1793, il y a peu de chance qu’il ait eu un fils reconnu à 17 ans. Il s’est marié le 6 octobre 1817 à Amélie Vaveray dont il a un fils le 10 mai 1823 baptisé sous le nom de Jean Charles Auguste… Serait-ce donc un frère ? Les parents de Siméon eurent en effet 10 enfants, dont 7 filles, la plupart morts en bas âge, en tout cas, aucun Théodore. Le mystère reste donc entier…
Quoiqu’il en soit, Théodore Fort, et même s’il n’a pas poursuivi ses envois aux Salons, a été fort productif. Ses aquarelles trahissent un talent expérimenté et documenté. Il a également peint quelques huiles, mais l’aquarelle reste sa technique de prédilection. Les sujets militaires ont sa faveur, mais il aime aussi à peindre les calèches, diligences et autres phaétons, ainsi que la chasse à courre. Le cheval tient toujours une place majeure dans toutes ses compositions.
Grenadier à la Garde (Sentinelle)
Une fois n’est pas coutume, Théodore Fort n’a pas dessiné de cheval. Mais ce dessin si précis et si renseigné exprime son autre thème de prédilection, la représentation du fait militaire Napoléon III très engagé dans ses projets de libérer les États italiens de la domination autrichienne se saisit de l’invasion du Piémont par l’Autriche pour déclarer la guerre le 4 mai 1859 et porter secours à son allié. Notre grenadier à la Garde surveillait-il les plaines de Magenta ? ou celles de Solférino ? Toujours est-il que, debout, dans une pose légèrement déhanchée, en appui sur le bout du canon de son fusil surmonté de sa baïonnette, ce grenadier concentre son regard vers l’horizon. Toute la subtilité est dans le titre « à la garde (sentinelle) » qui nous précise bien que le militaire n’appartient pas à la Garde impériale, mais à un régiment d’active. Il porte l’habit « bleu impérial » sur lequel se croisent des buffleteries blanches, et épaulettes à franges écarlates. L’extrémité des manches est ornée d’un parement en drap rouge avec des pattes blanches. Comme tous les Grenadiers, il est coiffé de son imposant ourson, ce bonnet autrefois à poils d’ourson maintenant à poils de chèvre, bien moins onéreux. Un cordon blanc tressé relie le plumet rouge à la raquette de forme ovale (sur le côté gauche du bonnet). Il porte sa giberne, fixée après une banderole de cuir noirci, est attaché à l’uniforme au moyen d’une courte martingale à l’un des boutons de taille. La giberne est destinée à recevoir les nécessaires au tir (dont les cartouches, chaque Grenadier en reçoit cinquante) et à l’entretien du fusil. Il arbore son sabre-briquet à lame droite qui mesurait à 60 centimètres, porté sur l’arrière, ce qui dégage les jambes des fantassins pour une
marche plus souple et rapide.