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Cantinière  - E. Frémiet

Cantinière - E. Fremiet

Cantinière d'un régiment d'infanterie de ligne (1852-1870)

Sculpteur
Émmanuel Fremiet 1824-1910

Époque
avant 1860 pour le chef modèle

École
École française de sculpture

Dimensions
Hauteur : env. 23 cm
Ø du socle : env. 8 cm

Signature

Sur la terrasse : E. Fremiet

Porte le numéro 5 sur la terrasse, ce qui atteste d'une fonte More, donc du vivant de l'artiste.

Matériau
Épreuve en bronze à patine brune sur un socle rond.

Bronze composé de 3 pièces. Complet, aucun manque. 

Quantité

Emmanuel Fremiet, un sculpteur aux multiples facettes

Si Emmanuel Fremiet n'est plus connu aujourd'hui que de quelques amateurs éclairés, il a été, en son temps, un sculpteur extrêmement réputé.

Sculpteur animalier, il s’est également fait un nom dans la sculpture monumentale. Le Second Empire aussi bien que la IIIème République lui adressent de nombreuses commandes dont la célèbre statue équestre de Jeanne d'Arc de la Place des Pyramides à Paris, ou encore la statue de Ferdinand de Lesseps, inaugurée à Port-Saïd le 17 novembre 1899. Cette dernière, déboulonnée au moment de la Crise de Suez, le 24 décembre 1956, est restaurée par l'Association des Amis du Canal de Suez avant d’être placée sur l'un des quais du chantier naval de Port Fouad, au débouché du Canal dans la Méditerranée, en 1987.

     Maître imagier, pour reprendre l’expression de son biographe Jacques de Biez, Emmanuel Fremiet sculpte avec autant de bonheur que les thèmes animaliers qui lui valent son immense renommée, des thèmes plus militaires. C'est ainsi que Napoléon III lui commande pour son fils, le prince impérial Louis-Napoléon, une suite de cinquante-cinq statuettes reproduisant les différents uniformes de l'armée entre 1855 et 1864. Malheureusement, ces statuettes brulent lors de l'incendie du 23 mai 1871 déclenché par une trentaine de fédérés fanatiques menés par un garçon boucher répondant au nom de Benot. Trois jours et trois nuits durant, le feu brûle, ravageant les Tuileries. Les statues n’y résistent pas… Toutefois, quelques-uns des moules n’ayant pas été détruits, 16 de ces statues ont pu être rééditées, un sapeur, un Voltigeur de la Garde , un artilleur au manteau, un brigadier de l’escadron des Cent-Gardes, un cuirassier de ligne, un gendarme à cheval, un gendarme à pied, un matelot des équipages de la Flotte, un Grenadier de la Garde, un Zouave de la Garde, en plus de notre cantinière qui reste une pièce rare.

Pour une biographie plus détaillée retrouvez Emmanuel Fremiet sur le blog d’Art et d’Histoire de la Galerie.

Cantinière d'un régiment d'infanterie de ligne (1852-1870)

Il s’agit de l’une des cinquante-cinq statuettes que Napoléon III avait commandées à Emmanuel Fremiet. Avec un sens du détail très poussé, le sculpteur visita différentes casernes pour restituer les uniformes de cette série des types de l’armée impériale dans toute leur véracité. Emmanuel Frémiet nous offre une cantinière fière et résolue, la main sur la hanche, un fin sourire sur les lèvres et le regard déterminé.

Emmanuel Fremiet a-t-il voulu rendre hommage à la veuve Perrot, cantinière dans l’armée d’Afrique, et qui avait reçu, pour son action dans la conquête de l’Algérie, la Croix d’Honneur ? Ou bien peut-être est-ce Angélique DUCHEMIN, veuve Brulon, cantinière au 42ème de Ligne , qui avait reçu le 15 août 1851 la Légion d’Honneur, et quelques années plus tard, en 1857, la médaille de Sainte-Hélène ? A moins que ce ne soit Madame CROS, cantinière du 1er Bataillon de Chasseurs à pied de la Garde, qui avait été décorée de la Médaille militaire le 15 juin 1859 ? La liste pourrait-être longue, car nombreuses ont été ces femmes, qui, suivant leur époux, et bien souvent accompagnées des enfants qu’elles mettaient au monde parfois en plein cœur des batailles, revêtaient l’uniforme du Régiment qu’elles suivaient et s’attachaient ensuite à adoucir la vie des soldats en leur vendant tabac, papier, encre, lacets et gobelets d’eau de vie, mais aussi saucisses et autres jambons quand elles ne se transformaient pas en infirmières, au cœur des combats, pour soigner et panser les blesser.

Quelle qu’elle soit, cette cantinière rend hommage à ces femmes courageuses, alertes, pimpantes, gouailleuses et de bonne humeur qui adoucissaient les rudes journées des soldats du Second Empire.

Nées sous la Grande Armées, en sommeil durant les intermèdes monarchiques, les Cantinières vivent leurs grandes heures sous la Deuxième République et le Second Empire pour décliner lentement sous la Troisième République et disparaître totalement à la veille de la Grande Guerre.

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