- Vendu
Sculpteur
Emmanuel Fremiet - 1824-1910
Époque
1893 pour le chef modèle en plâtre
École
École française de sculpture
Dimensions
Hauteur : eenv. 40 cm
Ø du socle : 11,5 cm
Poids : 1479 gr.
Signature
Signé sur le motif : E. FREMIET
Titre
Sur la moulure du socle : Jeanne d’Arc tracé en caractères gothiques
Sur le côté du socle : Épée de Fierbois, également en caractères gothiques
Matériau
Épreuve en bronze à patine brune
Composé de cinq pièces montées et d'une pièce jointe (la quenouille), le bronze est complet. Il repose sur un socle rond sur la moulure.
Maître imagier, pour reprendre l’expression de son biographe Jacques de Biez, Emmanuel Fremiet aime à sculpter. Il façonne avec gourmandise des petits bronzes animaliers pleins de charme, de fraîcheur et d’humour qui emportent bien vite les suffrages des amateurs. Le charme qui se dégage de ses sculptures, leur expressivité, la qualité de son travail, la finesse de son exécution, son sens de l’observation et du détail poussés à l’extrême lui valent un vif succès auprès du public et une notoriété durable, que la suite de sa carrière entretient.
Il s’agit de la troisième Jeanne d’Arc créée par Emmanuel Fremiet. La première est la plus connue de toutes. Aucun parisien ne peut manquer la croiser pour peu que ses pas le portent du côtés de la place des Pyramides. avait été sa monumentale Jeanne d’Arc équestre, qui avait pris place, le 20 février 1874, place des Pyramides. En armure, tenant les rênes de sa solide monture d’une main, et son étendard de l’autre, cette jeanne d’Arc offre la version guerrière de la bergère de Domrémy.

L’année suivante, il sculpte une Jeanne d’Arc à genoux, que l’on peut admirer au Musée d’Orsay. En armure encore, mais les cheveux dénoués et un voile sortant de son casque, les mains jointes, le visage serein, elle est humblement en prière.

Sa Jeanne d'Arc à Domrémy s'inscrit dans une lignée différente. Ce n'est plus la guerrière et la combattante, mais la bergère à l'aube de son destin et de celui de la France. Elle est vêtue d’une robe simple au corsage lacé, dont la jupe aux larges plis souples, dont l’épaisseur du tissu, grossier, est évoqué par les traces d’ébauchoir laissées volontairement apparentes par Emmanuel FREMIET. Elle porte à la ceinture une escarcelle en grosses mailles et de l’autre côté, sa quenouille.

Bien loin de la Jeanne d’Arc guerrière, Emmanuel FREMIET a voulu là la jeune bergère de Domrémy, celle qui, alors qu’elle est dans les champs à garder son troupeau, entend soudain la Voix qui l’envoie délivrer la France et rendre à un roi démuni sa couronne.
L’épée qui apparaît à ses pieds nus évoque l’une des choses que les voix dévoilent à Jeanne d’Arc, la localisation de son épée. Enterrée au pied de l’autel de la chapelle de Fierbois, elle avait été celle avec laquelle Charles MARTEL avait à la tête de ses troupes, avait battu les Arabes à Vouillé, près de Poitiers, en 732.
Face au succès remporté par ses sculptures, Emmanuel Fremiet s'associe avec un petit bronzier, More, installé non loin de chez lui. Il édite ainsi ses oeuvres en bronze. Pour les écouler, il ouvre boutique, au 42 de la rue du Temple, à Paris, que tient sa femme, Marie Adélaïde Ricourt. Emmanuel Fremiet utilise une technique encore assez peu répandue, la technique de la cire perdue, qui offre des bronzes d'une grande qualité.
L'édition en bronze d'oeuvre en plâtre ou en terre devient une industrie dans les années 1830-1840. Il s'agit de reproduire en de multiples exemplaires une oeuvre unique. Le concept est tentant, et les sculpteurs s'y engouffrent. La reproduction d'une oeuvre n'est pas limitée, la seule limite qu'elle ait, est liée au désintérêt du public, mais alors une autre oeuvre prend le relais. L'essor de cette nouvelle industrie est permis par la conjonction de trois évènements :
Les années 1890 mènent à leur apogée les bronzes d'édition. La Première Guerre Mondiale marque quant à elle, la fin de cette industrie et de ce style de décoration.
Après la mort d'Emmanuel Fremiet, les droits sur ses oeuvres sont vendus par ses filles, à la très célèbre Fonderie Barbedienne, qui en poursuivit désormais l'édition.
Catherine CHEVILLOT
Emmanuel Fremiet 1824 - 1910, La main et le multiple
Dijon, Musée des Beaux-Arts de Dijon, Musée de Grenoble 1988, 215 pages
Jacques de BIEZ
Un maître imagier, E. Fremiet
Paris, Aux Bureaux de l'Artistes, 406 pages
Jacques de BIEZ
E. Fremiet
Paris, Jouve & Cie 1910, 287 pages
Fremiet
Etienne BRICON
in La Gazette des Beaux-Arts
tome 19 (0/01/1898), pp.492-50 ; tome 20 pp. 17-31
Philippe FAURÉ-FREMIET
Fremiet
Paris, Librairie PLON, collection Les Maîtres de l'Art, 1934, 452 pages
Fiche technique